| Le régent Ras Tafari Makonnen |
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| Haile Sélassié dans une école |
| S.M. à Harlem avec le patriarche de l'Eglise orthodoxe éthiopienne |
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Tafari (« il sera craint ») Makonnen est né le 23 juillet 1892 à Edjerssa Goro dans la province de Harrar en Ethiopie. Fils de la Woyzero ("Dame") Yeshimabet, épouse du Ras ("tête, duc") Makonnen, qui gouvernait à Harar, il appartenait à la plus vieille dynastie du monde, qui d’après le livre éthiopien médiéval "La Gloire des Rois", le "Kebra Nagast" sacré, était déjà au pouvoir sous Ménélik Ier, fils de Salomon, roi d’Israël, et de Makeda, reine de Saba. Après le décès de l’impératrice Zaouditou, à 38 ans le Ras Tafari était couronné Negusa nagast ze’Ityopya (« Roi des Rois, empereur » d’Ethiopie) sous le nom de Haylé Sellassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Les envoyés et représentants de nombreuses grandes nations (dont la France et le Royaume-Uni) ont assisté à la cérémonie dans la cathédrale Saint-Georges à Addis Abeba, le 2 novembre 1930 (23 Tekemt 1923 dans le calendrier éthiopien), ce qui témoigne de sa puissance. A cette époque, l’Ethiopie (une des premières nations chrétiennes, vers 350 : cf. page Ithiopia) était avec le Libéria le seul pays africain non colonisé. Le couronnement de Haïlé Sélassié a été perçu par une petite communauté de chrétiens jamaïcains comme étant l’accomplissement d’une prophétie biblique souvent citée par Marcus Mosiah Garvey, grand défenseur de l’émancipation des noirs et promoteur de la « repatriation to Africa » (le retour en Afrique par bateau, cf. Etienne T. Babagbeto, "Le guide du rastaman", éd. Inconeg, 2000). Ils ont reconnu en Sa Majesté le chef divin et historique cité dans cette prophétie, et se proclamèrent donc Rastafariens (cf. Hélène Lee, "Le premier Rasta") en signe d’allégeance à Jah Rastafari. Cette foi syncrétique (qui fusionne plusieurs influences spirituelles) a grandi et rassemblé depuis des millions d’adeptes, des Noirs (et des métisses comme Bob Marley) mais aussi des personnes de toute couleur de peau (Europe, Amérique, Japon, Iles du Pacifique, etc., all over de world mon !). Comme Sa majesté l’a Elle-même dit, « tant que la couleur de la peau d’un homme aura plus de signification que celle de ses yeux », I&I (Toi et Toi !) les Rastafariens lutteront pour une justice et des droits égaux pour chacun dans le monde, seen !? Le tuteur de Tafari, l’abba éthiopien Woldé Kinan lui a transmis le copieux savoir traditionnellement enseigné aux grands seigneurs, mais son père a également choisi de lui donner l’opportunité d’étudier les cultures françaises (il vient en France pour la première fois en 1924 en tant que régent) et européennes avec l’abba Andreas (Monseigneur Jarosseau) et un moine capucin francophone (Ethiopien d'origine), l’abba Samuel, dont l’influence et l’amitié n’ont pas cessé de croître jusqu'à ce qu'il disparaisse lors d'un accident sur le lac Harämaya (lors duquel Tafari Makonnen a lui aussi failli mourir, en 1910). Pendant les 45 années qu’ont duré Son règne, le puissant Seigneur des Seigneurs a cherché à sortir l’Ethiopie de son système féodal, associant noblesse et clergé à la terre, et à la guider vers la démocratie. Il a rédigé deux codes civils et pénaux successifs, deux constitutions et combattit un esclavagisme latent (dès 1916), largement pratiqué dans plusieurs de ses provinces. Mais c’est sur la scène internationale qu’Il devait le plus marquer. L’Ethiopie a été le premier pays africain admis à la Société des Nations (octobre 1923), et il a été parmi les premiers chefs d’Etat à prévenir le monde des intentions de Mussolini et Hitler (juin 1936 à Genève). Mais il n’a pas été entendu, la Société des Nations l’ayant laissé tomber quand le Duce a envahi le pays en octobre 1935. Après une guerre atroce (usage de gaz par les Italiens) et la victoire finale qui permit le retour de Sa Majesté à Addis Abeba le 5 mai 1941, le Négus contribua largement à la création des Nations-Unies (1945) et en 1963 l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A.) était fondée sur son initiative. Un de ses discours prononcé à la tribune de l’O.N.U. (1968) a été mis en chanson (« War », cf. Bruno Blum) par Bob Marley. Ses réalisations en tant que chef d’Etat et en tant qu’homme sont remarquables, mais ses détracteurs l’ont durement critiqué, le calomniant et le diffamant jusqu’à ce qu’il soit renversé par un coup d’Etat sanglant en 1974. Les dernières années de son règne demeurent associées aux premières graves famines dans le pays alors que les terres sont exploitées au bénéfice du clergé et des nobles qui ne lâchent pas facilement prise… Cependant I&I Rastafariens, et en premier Behrane Sellassié (« Lumière de la Trinité », aka Bob Marley) montrent la voie « that leads to righteousness », qui mène l’humanité à se confronter finalement à l’un des aspects de l’histoire que Babylone a le plus négligé : la cruciale civilisation d’Ethiopie, trône de Sion et Terre promise.Sources : biographie de S.M. Hailé Sélassié I, L'Harmattan ; Autobiographie de Sa Majesté : "Heywatenna YeItyopya ermdja".
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